J’ai ses odeurs dans la peau, les traîne depuis
l’enfance. Ses boiseries exhalent des effluves
mille fois encensés.
Je l’admire depuis l’esplanade du Musée qui arbore
ses grandeurs. De ses mortiers, noble dame dans
sa robe de pierres des champs, elle raconte l’histoire
d’un peuple. Le nôtre. De son clocher, s’ébruite toute
sagesse. Son pignon majestueux veille sur la vallée
où chaque nuit viennent s’épouser deux rives qui la
conjuguent dans les secrets bien gardés de ses ardoises.
Notre Dame, lieu d’icônes, tient en ses voûtes
la vie et ses mots dans une danse d’ailes et d’arcades
aux fils d’or d’un soleil couchant qui nous fait chanter
depuis ses parvis, là où cette chose que l’on nomme
prière, devient poème.
Michel Thérien